5. Des démocraties affaiblies par la crise

Le 30 septembre 1938, avec les Accords de Munich, les Anglais et les Français livrent la Tchécoslovaquie à Hitler. Le dictateur allemand est désormais persuadé que tout lui est permis.

Au début des années 1930, le chômage augmente en Europe à cause de la crise de 1929. De plus, la crainte du communisme favorise la montée de ligues d’extrême-droite anti-démocratiques.

En France, face aux difficultés économiques et à la peur de l’installation d’un régime fasciste, les partis de gauche s’unissent pour former un Front populaire. En 1936, le Front populaire gagne les élection législatives. Le gouvernement de Léon Blum engage alors de grandes réformes sociales (congés payés, semaine de 40h). Mais les oppositions et les critiques le poussent à démissionner en 1937 : c’est la fin du Front populaire.

En Espagne, la République ne résiste pas aux tensions économiques et politiques : après une longue guerre civile (1936-1939), le général Franco, aidé par Hitler, installe une dictature.

Craignant une nouvelle guerre, la France et le Royaume-Uni laissent Hitler mener son projet expansionniste nécessaire à « l’espace vital » allemand. Il annexe ainsi l’Autriche (Anschluss) puis envahit la Tchécoslovaquie (sudètes) sans réelle opposition.

Définitions

Anchluss : rattachement de l’Autriche à l’Allemagne.

Expansionnisme : politique d’un pays qui souhaite étendre son territoire ou son influence au-delà de ses frontières.

Fascisme : dictature avec un parti unique, la mise en en avant de la nation, le culte du chef et l’esprit guerrier.

4. La dictature nazie : un régime raciste et totalitaire

Hitler a une vision raciste du monde (Mein Kampf, 1923) : les Allemands sont des êtres supérieurs (les Aryens) qui doivent dominer les « races inférieures » (Juifs, Tziganes). Il applique ainsi une politique antisémite qui enlève la citoyenneté allemande aux Juifs (lois de Nuremberg de 1935) et les prive de certains emplois (ordonnances de 1938). Ceux qui ne correspondent pas à l’idéal hitlérien sont persécutés (handicapés, homosexuels…).

Le régime nazi est totalitaire. Les médias, contrôlés par l’État, diffusent la propagande nazie. Le culte du Führer donne une image glorieuse du dictateur allemand. La population est embrigadée. Les jeunes sont enrôlés dans les Jeunesse hitlériennes où ils sont soumis à une discipline militaire. Les Nazis imposent la terreur. La police politique (Gestapo) et les SS (Schutzstaffel) pourchassent les opposants politiques. Ceux qui déplaisent au régime sont envoyés dans les camps de concentration.

Définitions

Camp de concentration : camp de travail forcé où sont envoyées les personnes qui déplaisent aux Nazis. Les prisonnier y sont maltraités et souvent exécutés.

Führer : titre que se donne Hitler et qui signifie « guide ».

Gestapo : police politique nazie qui traque les opposants au régime.

SS (« escadron de protection ») : organisation chargée de la protection d’Hitler qui jouera un rôle important dans l’extermination des Juifs pendant la guerre.


Schéma d’idées : Un régime raciste et totalitaire

3. Hitler installe une dictature nazie

La République allemande (République de Weimar) est touchée par la crise économique à partir de 1929. Le chômage et la pauvreté augmentent fortement. Ce contexte favorise la victoire du parti nazi (NSDAP), dirigé par Hitler, aux élections législatives de novembre 1932.

Le parti nazi est anticommuniste, antisémite et remet en cause le « diktat » du traité de Versailles. Devant l’incapacité des autres partis à s’entendre pour gouverner, Hindenburg, le président allemand, nomme Hitler chancelier en janvier 1933. Hitler arrive donc au pouvoir légalement mais il n’est pas élu au suffrage universel.

Hitler installe alors une dictature : les libertés individuelles sont limitées et seul le parti nazi est autorisé. A partir de 1934, Hitler devient à la fois président et chancelier du Reich. C’est la fin de la république allemande.

Définitions

Antisémitisme : haine à l’égard des Juifs.

Chancelier : chef du gouvernement allemand.

Dictature : régime politique dans lequel une personne concentre tous les pouvoirs et impose ses choix de manière autoritaire.


Schéma : Hitler arrive au pouvoir

Exercices : Le parti nazi aux élections législatives (1928-1932)

2. Le régime totalitaire de Staline

Images de propagande : Staline guide le peuple / les komsomols

A partir de 1929, Staline concentre tous les pouvoirs et va mettre en place un régime totalitaire pour réaliser son projet politique. Il s’assure ainsi la soumission de la société grâce à la propagande, l’encadrement de la population et la terreur.

L’information (journaux, radio, affiches) est censurée et mise au service du pouvoir : elle présente les qualités de Staline (culte de la personnalité) et vante la supériorité du régime soviétique. L’art est aussi un outil de propagande.
Pour que la jeunesse suivent la morale communiste, l’enseignement est contrôlé et les jeunes soviétiques sont embrigadés dans les komsomols. Les travailleurs sont encadrés par le syndicat communiste. Toute la population est surveillée par la police politique (NKVD).

Staline fait envoyer au Goulag tous ceux qui s’opposent à lui et à l’idéologie communiste. Il renforce son pouvoir personnel en « se débarrassant » de ses opposants au sein du parti pendant la Grande Terreur (1936-1938). 

Définitions

Culte de la personnalité : adoration excessive d’une personnalité (→ assimiler un chef à une divinité).

Embrigader : intégrer un individu dans un groupe par la force ou la persuasion.

Goulag : camp de travail forcé où Staline envoie tous ceux qui s’opposent à lui.

Komsomol : organisation de la jeunesse communiste. (→ lieu d’embrigadement)

Propagande : ensemble des moyens utilisés pour diffuser une idée dans le but d’influencer la population.

Régime totalitaire : dictature qui veut soumettre la société à sa volonté par la propagande, l’embrigadement et la terreur.

Schéma d’idées : Le « communisme » de Staline

1. L’installation du régime soviétique

En 1917, Lénine et les bolcheviques prennent le pouvoir en Russie (révolution d’octobre). Pour créer une société égalitaire fondée sur la disparition de la propriété privée, Lénine installe une dictature communiste : la dictature du prolétariat. Le parti communiste est l’unique parti politique et les libertés sont limitées. Les grandes usines et les banques sont nationalisées. En 1922, l’URSS est créée : l’influence du régime soviétique s’étend aux républiques voisines.

A la mort de Lénine, en 1924, Staline pousse le projet communiste plus loin. Il achève les nationalisations et décide la collectivisation des terres (kolkhozes). Afin de faire de l’URSS une grande puissance industrielle, il fixe des objectifs économiques à atteindre dans des plans quinquennaux pour développer l’industrie lourde (charbon, sidérurgie), l’industrie de l’armement et les infrastructures (chemins de fer, réseau électrique). Toutefois, l’industrialisation se fait au détriment de la production agricole (famines).

Définitions

Communisme : idéologie dont le but est de supprimer la propriété privée et d’établir l’égalité sociale entre les individus.

Kolkhoze : mise en commun des terres, des outils et du bétails dans une exploitation agricole collective.

Nationalisation : passage d’une entreprise privée à une entreprise d’État

Plan quinquennal : plan décidé par l’État qui fixe les objectifs de production pour une période de cinq ans.

Sidérurgie : techniques et industries liées au travail du fer et de l’acier.

URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques) : nom donnée à la Russie soviétique à partir de 1922.

Schéma : Lénine et Staline installent le communisme en URSS