Un lourd bilan

Une guerre meurtrière
– 20 millions de morts (10 millions de soldats, 10 millions de civils).

Une guerre traumatisante
– 20 millions de blessés : les soldats mutilés sont surnommés les gueules cassées.
– Les soldats morts au combat laissent de nombreuses veuves et orphelins.

Pour la paix
– Un rejet général de l’horreur : « plus jamais ça » ou « la der des ders ».
– Des monuments aux morts pour honorer les poilus dans chaque village.

5. Les transformations de l’Europe

En Russie, la situation difficile provoquée par la guerre (défaites, nombreux morts, pénuries alimentaires) pousse le peuple à se révolter contre le Tsar (empereur) Nicolas II en février 1917. Mais la guerre continue et les problèmes demeurent. Le parti bolchevique, dirigé par Lénine, mène une seconde révolution en octobre 1917 et met en place le communisme dans le pays. La Russie devient alors l’Union Soviétique.
En Allemagne, l’empereur Guillaume II est renversé et la République est proclamée le 9 novembre 1918. Début 1919, des communistes allemands (les spartakistes), tenteront sans succès de prendre le pouvoir.
En 1919, les vainqueurs rédigent des traités de paix pour punir les vaincus. L’Allemagne est humiliée par le traité de Versailles (28 juin 1919) et doit payer de lourdes réparations. L’Autriche-Hongrie et l’Empire Ottoman disparaissent de la carte.
Pour assurer la paix sur le continent, la Société des Nations (SDN) est créée.

Définitions

Communisme : mise en commun des terres et usines pour qu’elles soient gérés par des soviets.

Parti bolchevique : partie politique fondé par Lénine qui veut installer le communisme.

Réparations : somme que l’Allemagne doit verser aux vainqueurs pour réparer les dommages qu’elle a causé sur leur territoire.

Société des Nations (SDN) : organisation internationale créée en 1919 pour maintenir la paix dans le monde.

Soviets : assemblées de travailleurs (ouvriers, paysans, soldats).

Spartakistes : communistes allemands qui souhaitent une révolution bolchevique.

4. Les civils dans une guerre totale

La Première Guerre mondiale est une guerre totale. Même à l’arrière, les civils participent à l’effort de guerre.
Les femmes remplacent les hommes partis au combat dans les usines et les champs. Elles produisent les armes et la nourriture pour le front. On les surnomme les « munitionnettes ».
La population prête de l’argent ou de l’or à l’État (emprunt national) pour l’achat d’armes et l’entretien des troupes. Les industries sont reconverties dans la production d’armes.
Les États font de la propagande de guerre pour soutenir le moral et le patriotisme des populations. La presse et les lettres des poilus sont contrôlées : c’est la censure.
Les civils sont aussi des victimes de la guerre. Ils souffrent de pénuries alimentaires et subissent des bombardements et des exactions (exécutions, massacres).
En 1915, dans l’Empire Ottoman (Turquie), le gouvernement turc profite de la guerre pour exterminer les Arméniens. Le génocide arménien provoque près de 1,5 millions de morts.
Au total, environ 10 millions de civils sont morts pendant cette guerre.

Définitions

Arrière : zone où l’on ne se bat pas, à l’arrière du front.

Censure : fait d’interdire la diffusion d’une information.

Emprunt national : argent prêté à l’État par des citoyens pour financer l’effort de guerre.

Génocide : extermination volontaire et systématique de tout un peuple.

Guerre totale : guerre qui mobilise les soldats et les civils.

Pénurie : manque de ce qui est nécessaire.

Propagande : moyens utilisés pour diffuser une idée.

3. Les soldats dans la Première Guerre mondiale

70 millions de soldats ont été mobilisés pendant la Première Guerre mondiale : des Européens, des Américains mais aussi des combattants venus des colonies. En France, ces soldats sont appelés les Poilus.
Pendant la guerre de position, ils combattent dans des tranchées où les conditions de vie sont très difficiles. Les soldats subissent les saisons (chaleur, froid, pluie) et souffrent du manque d’hygiène (poux, rats, boue…) et de nourriture.
A la souffrance physique, s’ajoute la souffrance psychologique : ils vivent avec la peur et la mort au quotidien. La camaraderie et le lien avec l’arrière (lettres, permissions) leur permettent de tenir.
Les combats sont violents et très meurtriers. La bataille de Verdun (février-décembre 1916) est la plus meurtrière avec ses 300 000 morts et 400 000 blessés.
De nouvelles armes sont utilisées en masse : obus tirés par des canons, mitrailleuses, lance-flammes, grenades, gaz, avions et char d’assaut.
Pendant l’année 1917, des soldats refusent d’aller se battre : ce sont les mutineries.

Définitions

Camaraderie : solidarité entre soldats.

Mutinerie : refus d’obéir à un ordre.

Poilu : nom donné aux soldats français durant la Première guerre mondiale.

Permission : congé de courte durée accordé à un militaire.

2. Les grandes phases de la guerre de 14-18

Dans un premier temps, le conflit débute par une guerre de mouvement. L’Allemagne lance une grande offensive à l’Ouest : elle envahit la France le 3 août mais son armée est stoppée sur la Marne. Fin 1914, aucun belligérant n’emporte la victoire et les fronts se stabilisent à l’Ouest comme à l’Est.
À partir de 1915, c’est la guerre de position : les armées s’enterrent dans des tranchées et tentent de percer la défense ennemie par de vaines offensives violentes et meurtrières comme lors des batailles de Verdun (février-décembre 1916).
En 1917, la Russie se retire du conflit (Révolution russe). L’Allemagne peut concentrer ses forces à l’Ouest et regagne du terrain au printemps 1918. La guerre de mouvement reprend.
Mais le renfort des États-Unis à partir d’avril 1917 va permettre à l’Entente de gagner la guerre.
L’Allemagne est vaincue et signe l’armistice le 11 novembre 1918.
En juin 1919, les pays signent un traité de paix à Versailles.

Définitions

Armistice : accord permettant la fin des combats.

Front : ligne le long de laquelle se font face les armées ennemies.

Guerre de mouvement : phase offensive pendant laquelle les troupes se déplacent de manière importante afin de gagner du terrain sur l’ennemi.

Guerre de position : phase de la guerre durant laquelle la ligne de front se fige entre les armées ennemies, abritées dans des réseaux de tranchées.

Tranchée : fossé creusé dans la terre pour protéger les troupes contre les attaques ennemies.

Grandes phases de la 1ere GM

1. Les causes de la Première Guerre mondiale

« Une » du journal Le Petit Parisien du 29 juin 1914

A la veille de la Première Guerre mondiale, l’Europe est sous tension. Les rivalités économiques et territoriales (Alsace-Lorraine, colonies…) entre les États européens associées à la montée du nationalisme inquiètent et entraînent ces pays dans un jeu d’alliances diplomatiques et une course aux armements.
En 1914, la Triple-Alliance regroupe l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie. La France, le Royaume-Uni et la Russie sont alliés au sein de la Triple-Entente.
Le 28 juin 1914, François Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie, est assassiné à Sarajevo. En réaction, l’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie ce qui pousse la Russie à s’engager dans le conflit à son tour.
L’engrenage des alliances conduit alors toute l’Europe dans la guerre. Les belligérants entraînant leurs colonies avec eux, la guerre devient quasiment mondiale.

Définitions

Belligérant : pays qui participe à une guerre.

Course aux armements : situation dans laquelle les États cherchent à avoir l’armée la plus puissante.

Nationalisme : mise en avant excessive des valeurs nationales (langues, culture) avec le risque de provoquer une intolérance vis-à-vis des autres nations.

Les alliances européennes en 1914

Les alliances en 1914